Période d'écriture de thèse oblige, j'ai l'impression de rien faire, et dans le même temps de faire tout dans un seul but. D'ailleurs il me semble que ce n'est pas qu'une impression. Je pense
sérieusement à dédicacer cette thèse, entre autres personnes d'importance, à Dédé Fortin des Colocs tellement j'ai écumé ses chansons. Il y en a qui me donnent la patate dans les bons jours, et
dans les instants de doute il y en a une que j'écoute attentivement et en boucle: "Dehors Novembre" sur l'album du même nom.
Alors ne sachant pas si cette dédicace a lieu d'être et sera finalement dans mon manuscrit, je la pose au moins ici, et j'y reviendrai peut-être un de ces jours. Pas d'inquiétude à se faire, le
sujet de cette chanson est bien plus grave que ce qui se passe dans ma ptite vie. Qu'elle est triste, mais qu'elle est belle ! Elle a des sonorités de ''The End" des Doors, une puissance
équivalente quand elle sonne dans mes noreilles. Ses paroles me montent direct aux yeux, tellement que mon cerveau ne sait pas quoi en faire.
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Dehors novembre, je suis couché sur mon grand lite
Du coin de mon oeil par la fenêtre j'voé l'hôpital
Chu pas capable de croire qu'y faut j'm'arrête icite
Chu tout seul, de toute façon ça m'fait trop mal
Mon corps c'est un pays en guerre sur l'point d'finir
Le général de l'armée de terre s'attend au pire
J'ai faim, j'ai frette, je suis trop faible pour m'lever d'boute
On va hisser le drapeau blanc un point c'est toute
J'entends le téléphone qui hurle, j'ai des amis
J'voudrais tellement pouvoir me l'ver pour leur parler
Leur dire: « Allô! C'est moi chu correc, chu toujours en vie »
La planète tourne, l'est pas supposée tourner sans moé
Mon ennemi est arrogant et silencieux
Y s'câlisse ben d'savoir si chu jeune ou si chux vieux
Y'est sur de lui, y'est méthodique, y prend son temps
Il est au service d'la mort, y connaît pas les sentiments
Ces derniers jours j'ai dû vieillir de quatre mille ans
En visitant les vieux souvenirs dont chu pas fier
Pour faire la paix avec ses regrets, ça prend du temps
J'me retrouve cent fois plus fatigué, trop fatigué mais moins amer
L'histoire du monde pis mon histoire sont mélangées
J'viens juste de r'vivre cent mille autres vies en une seconde
Toutes mes conneries pis l'ambition d'l'humanité
Ça r'vient au même, y'a pas d'coupable, y'a pas de honte
Mais chu heureux parce qu'au moins j'meurs l'esprit tranquille
J'vas r'commencer mon autre vie d'la même façon
J'vas avoir d'l'instinct, j'vas rester fidèle à mon style
L'entente parfaite entre mon coeur et ma raison
L'harmonica c'est pas un violon, c'est pas éternel
Et pis ça pleure comme si c'était conscient d'son sort
D'ailleurs à soir j'me permets d'pleurer avec elle
J'attends un peu, chu pas pressé, j'attends la mort
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